Morgan Philips Group acquiert les activités de recrutement d'Hudson en Europe

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Le transport et la logistique, des « métiers d’homme » ? Le poncif a la vie dure mais dans les faits, les choses commencent à bouger et les recrutements à se féminiser. Notamment sous l’impulsion d’une redéfinition et d’une évolution des métiers du secteur.

Depuis quelques années, les entreprises des secteurs de la logistique et du transport ont amorcé une réflexion sur la place des femmes dans leurs équipes.

Elles y représentent déjà 20% à 25% des effectifs, preuve s’il en fallait que ces métiers ne sont pas réservés aux hommes, loin s’en faut. L’image de la profession demeure cependant très stéréotypée, ce qui amène les femmes elles-mêmes à s’en détourner, pensant à tort qu’elles n’y ont pas leur place. Et les recruteurs à préférer confier les manettes à des hommes, jugés plus « solides », « résistants » et mieux taillés pour la fonction. Ainsi, les conductrices de camion sont encore rares (5% environ des effectifs du transport routier de marchandises et 13% pour le transport de voyageurs), de même que les caristes, magasinières ou préparatrices de commande, qui restent largement minoritaires.

Mais la réalité du marché a aussi poussé les entreprises à reconsidérer leur position, face à un manque de main d’œuvre croissant. Peu à peu, les entrepôts et les chaînes logistiques s’ouvrent aux femmes pour étoffer leurs équipes opérationnelles. En 2015, une enquête menée par l’AFT (Association pour le développement de la formation professionnelle dans le transport) pour l’Observatoire Prospectif des métiers et des qualifications dans le Transport et la Logistique (OPTL), révélait d’ailleurs que la part des femmes dans la branche avait augmenté de 6 points entre 2005 et 2015, et celle des hommes diminué dans les mêmes proportions. Un signal encourageant, mais pas encore suffisant !

Biais culturel

Le chemin vers la parité est encore long, la faute notamment à un biais culturel profondément enraciné, selon lequel la logistique et le transport sont affaires d’hommes. Certains cabinets reconnaissent d’ailleurs qu’ils hésitent à pousser des profils féminins sur des postes pour lesquels ils présentent, pourtant, toutes les compétences et qualifications requises. Et les femmes qui sont parvenues à faire leur place dans ce milieu admettent qu’elles doivent redoubler d’efforts pour asseoir leur légitimité. Le secteur connaît toutefois, depuis quelques années, des bouleversements qui induisent une plus grande variété des postes, sur lesquels les femmes sont tout-à-fait légitimes : l’automatisation des tâches, les progrès technologiques, l’amélioration ergonomique des postes de pilotage leur rendent certaines fonctions d’emblée plus accessibles.

Mais c’est surtout dans les métiers d’encadrement et les fonctions support que la féminisation est la plus visible. Informatique, organisation et optimisation des tournées, ressources humaines, relation client, responsable d’exploitation ou chargé de la gestion de crise, autant de postes pour lesquels on recherche de plus en plus de profils qualifiés voire experts, et qui peuvent offrir aux candidates bien formées de véritables débouchés de carrière. Si les fonctions les plus décisives – top-management, directeur logistique, chef d’équipe – sont encore souvent réservés aux hommes, certaines entreprises engagées vers une plus grande mixité ont décidé de les ouvrir aux femmes. Même si là encore elles doivent, davantage que leurs collègues, démontrer leurs connaissances, leur expertise et leur technicité, autant que leur crédibilité.

Lauranne Provenzano 
Morgan Philips Executive Search Logistics, Supply Chain & Purchasing

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