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IA

« Apprendre à apprendre ». Voici semblerait-il le mot d’ordre à l’ère du digital, au cœur de l’actualité cette dernière décennie. S’armer de compétences précieuses et convoitées en accentuant notamment l’auto-formation devra être la priorité de chacun des individus afin de développer leur employabilité. Sujet d’autant plus important lorsque l’on sait que « 85% des emplois en 2030 n’existent même pas encore aujourd’hui », d’après une étude conduite en mars 2017 par Dell et l’« Institut pour le Futur », think tank californien.

Quelles sont désormais les nouvelles compétences prisées par les recruteurs ? Quelles seront-elles dans les années à venir ? L’appétence et l’agilité numérique des individus sont clairement devenues indispensables aux yeux des recruteurs. 

Selon Yuval Noah Harari, auteur de Sapiens : une brève histoire de l’humanité et de Homo deus : une brève histoire de l’avenir, l’IA va créer des « bataillons de travailleurs inutiles » qui seront remplacés par des robots truffés d’IA. En effet, de nombreux secteurs d’activité sont concernés par la redéfinition de certains de leurs métiers. L’heure est-elle donc à l’inquiétude ou à l’optimisme ?

Par ailleurs, Laurent Alexandre, chirurgien-urologue français spécialiste de l’IA, met l’accent sur notre méconnaissance du sujet : « Notre cerveau est tout à fait inerte, il ne progresse pas à la vitesse à laquelle l’intelligence artificielle progresse ». Selon lui, il est crucial d’entamer une phase formation pour les jeunes aux métiers de demain.

 

Cet article a pour objectif, dans un premier temps, de mettre en exergue les principales compétences techniques et relationnelles prisées par les recruteurs aujourd’hui puis, dans un deuxième temps, d’évoquer l’impact de l’IA sur divers métiers.

 

1. Quelles sont les compétences prisées par les recruteurs aujourd’hui ?

 

Afin d’accompagner efficacement leur transformation digitale et d’obtenir un véritable avantage compétitif, les entreprises sont aujourd’hui à la recherche de profils extrêmement techniques dotés d’une expertise dans les domaine suivants :

 

  • Analyse statistique & Exploration des données (Statistical Analysis & Data Mining) dont l’objectif est d’analyser et de valoriser des bases de données en ressortant des informations pertinentes pour la prise de décision.
  • Assurance Qualité Logicielle & Test Utilisateurs (Software QA & User Testing) dont l’objectif est de tester des logiciels et de voir ce dont un utilisateur a besoin.
  • Ergonomie Web & Développement logiciel (Web Architecture et Development Framework) : dont l’objectif est de créer un site ergonomique et anticiper les besoins des utilisateurs.
  • Middleware & Systèmes d’intégration : experts capables notamment de mettre en place des progiciels de gestion intégrés.
  • Design d’Interface Utilisateur (User Interface Design) : experts capables de rendre les applications plus intuitives et capter l’attention.
  • Marketing SEO et SEM : experts en référencement capables de positionner les sites en première page des moteurs de recherche.

Par ailleurs, il semblerait que les entreprises deviennent de plus en plus exigeantes en matière de compétences relationnelles. Il ne suffit pas seulement de disposer de solides connaissances techniques mais d’être doté de qualités telles que :

 

  • L’empathie
  • La loyauté
  • L’écoute
  • La pédagogie
  • L’adaptabilité
  • La créativité

 

Ces compétences mettant l’accent sur le travail en équipe, l’écoute et la communication ou encore l’organisation, et qui renforceront la culture d’entreprise.

 

2. Quelles seront les compétences prisées par les recruteurs dans 5 ans ?

 

  • Une expertise dans le domaine de l’Intelligence Artificielle est extrêmement prisée par les recruteurs aujourd’hui et le sera d’autant plus ces prochaines années : l’ingénieur en IA a pour mission la conception de machines et de programmes informatiques capables d’égaler l’intelligence humaine (médecine, sécurité, jeux vidéos, voitures autonomes).
  • D’excellentes compétences de développeur ou de designer d’applications AR (Augmented Reality) sont également très recherchées car les entreprises sont de plus en plus nombreuses à se lancer dans la production d’appareils de réalité augmentée. Ainsi, la maîtrise de kits de développement tels que Google ARCore ou Apple ARKit sera très demandée. 
  • Les Data Scientists sont également devenus des profils très prisés face à l’essor du big data (mettre un exemple). Confrontés à des problématiques marketing, RH ou encore commerciales, leur objectif est de donner du sens et de la valeur aux données afin d’élaborer la meilleure stratégie.
  • La demande d’experts en développement d’applications mobilespour différents supports (Smartphone, iPad) va continuer de s’accroître au cours du temps. Une parfaite maitrise de plusieurs langages de programmation tels Java, Python, Objective-C, C#, C++ ou encore UX et UI design est indispensable.

 

3. Quel est l’impact de l’Intelligence Artificielle sur certains métiers ?

 

L’IA au service du recruteur :

  • Des logiciels conçus à base d’intelligence artificielle permettent de mener, via une vidéo, une analyse comportementale du candidat : sémantique, langage corporel, expressions du visage. Par ailleurs, l’expertise, l’expérience et les compétences du candidat pourront être rapidement identifiées grâce à des algorithmes de pointe.
  • Une étude de la Harvard Business Review de 2014 a montré qu’un recruteur qui suivait un algorithme augmentait de 25% ses chances de recruter la bonne personne !

 

L’IA au service des juristes/avocats :

  • L’IA permet d’ores et déjà de rédiger et relire des contrats de dizaines de pages en l’espace de quelques secondes seulement. Le but étant de les comparer à une base de données de contrats déjà existants afin de détecter des anomalies.
  • A titre d’exemple, les magistrats ce certaines villes en France expérimentent déjà un logiciel prédictif qui leur permet de prendre en compte toute la jurisprudence existante afin de prendre des décisions plus justes.

 

Comptabilité :

  • L’IA permet d’accélérer certaines tâches fastidieuses et de diminuer les risques d’erreur. Selon une étude de l’université d’Oxford réalisée en 2013, 94% des comptables seront amenés à être remplacés par des machines d’IA.

 

Santé :

  • Les projets « pilote » se multiplient et permettent la détection de tumeurs sur des images médicales grâce à Des algorithmes de Deep Learning, ou la génération de prescriptions parfaitement adaptées à travers l’analyse des informations médicales des patients.
  • Porté par les géants de la Silicon Valley mais aussi des startups, le marché de l’IA dans le secteur de la santé est en plein essor ; il pourrait « atteindre 6,6 milliards de dollars en 2021» selon le cabinet d’étude américain Frost & Sullivan.

 

Finance :

  • La machine d’intelligence artificielle « COIN » (Contract Intelligence) conçue par JP Morgan en juin 2017, est capable de résoudre, en quelques secondes à peine, des arbitrages financiers qui prennent normalement « 360.000 heures de travail » (par année) aux avocats et aux agents de crédit de la société.

 

Vente/Commercial :

  • Certains analystes estiment même que la fonction commerciale, que l’on pouvait imaginer parfaitement hermétique à l’IA, serait une « candidate parfaite » avec 95% de la force de vente remplacée par des agents intelligents dans les 20 prochaines années.

Il s’agit d’une liste non exhaustive mais d’une manière générale, tous secteurs et métiers concernés par cette transformation.

 

4. L’IA : entre méfiance ou optimisme ?

 

Selon une étude menée par le cabinet McKinsey & Cie, dans 46 pays et 800 professions différentes, « 800 millions de travailleurs perdront leur emploi d’ici 2030, en raison de l’automatisation ». Les pays les plus touchés par cette invasion de robots seraient l’Allemagne et les Etats-Unis, les plus avancés en matière de technologie.

L’IA va certes détruire des emplois, mais elle va en créer d’autres. En effet, selon une étude dévoilée par la firme américaine Cognizant Technology Solutions corp, l’IA pourrait créer 21 millions d’emplois, jusque-là méconnus du grand public (agents de la diversité génétique, conservateurs de la mémoire personnelle).

Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, se veut très rassurant et optimiste face à l’émergence d’algorithmes de plus en plus sophistiqués. Il incite d’ailleurs les gens à s’en préoccuper davantage. Convaincu que l’IA va « améliorer notre vie », il cite, à ce titre, l’exemple des voitures autonomes « plus sûres que les voitures manuelles » et la possibilité de réaliser des diagnostics médicaux plus efficaces.

Elon Musk, PDG de Tesla, ne partage pas le même optimisme que Mark Zuckerberg. Au contraire, il se montre très alarmiste et craint que l’IA prenne le contrôle sur l’Homme. Selon lui, l’IA est « la plus grande menace qui pèse sur notre civilisation » et imagine littéralement un scénario catastrophe où les robots en viendraient à lancer une « guerre par la diffusion de fausses informations, en imitant des emails et des communiqués de presse ».

Stephen Hawking, célèbre physicien britannique partageait le pessimisme d’Elon Musk, précisant que « réussir à créer une intelligence artificielle serait le plus grand événement dans l’histoire de l’homme. Mais ce pourrait aussi être le dernier… ». 

Enfin, selon Yuval Harari, auteur de Homo deus : une brève histoire de l’avenir : « Si les découvertes scientifiques et les progrès technologiques scindent l’humanité en une masse d’hommes inutiles d’un côté et une petite élite de surhommes améliorés de l’autre, et si l’autorité échappe aux êtres humains pour se retrouver aux mains d’algorithmes éminemment intelligents, le libéralisme s’effondrera. Quelles nouvelles religions et idéologies sont-elles susceptibles de combler le vide qui en résultera et guider l’évolution de nos descendants divins ? »

 

Par ailleurs, Yuval Harari cite : « le techno-humanisme reconnaît qu’Homo sapiens, tel que nous le connaissons, a vécu : il arrive au terme de son histoire et cessera d’être pertinent à l’avenir. Il conclut toutefois que nous devons utiliser la technologie pour créer Homo deus, un modèle d’homme bien supérieur. Homo deus conservera des traits humains essentiels, mais jouira aussi de capacités physiques et mentales augmentées qui lui permettront de se défendre contre les algorithmes non conscients les plus sophistiqués. Comme l’intelligence est découplée de la conscience, et que l’intelligence non consciente se développe à vitesse grand V, les hommes doivent activement optimiser leur esprit s’ils veulent rester dans la course. »

 

Le débat (et quel débat !) est ouvert.

 

Haig Ilanjian

 
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