Email to someoneTweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedIn

Pour beaucoup de cadres, même aujourd’hui, s’installer en Afrique pour poursuivre sa carrière professionnelle reste synonyme d’aventure. Entre dépaysement et adrénaline, le pari peut être risqué pour quelqu’un qui ne met pas toutes les chances de son côté. Entre la phase de réflexion préalable au départ et les points à garder à l’esprit en arrivant sur place, voici quelques points-clés pour réussir son expatriation sur le continent.

Avion

La phase de décision : Les informations nécessaires avant de prendre la décision de partir ne tiennent pas qu’à l’opportunité professionnelle ou à la sécurité du pays. A fortiori si vous partez en famille, toute information sur l’environnement quotidien du pays est importante. En effet, si l’expatrié travaille normalement dans un environnement familier, son conjoint ou sa conjointe, ainsi que ses enfants, vont être plongés dans un milieu qui leur est totalement étranger.

Il importe donc de cerner chaque facette de l’environnement qui vous affectera ainsi que votre famille : Scolarité, vie sociale, sécurité, santé. L’Afrique est un continent varié, et quand bien même vous ayez bien vécu une précédente expatriation sur un pays de la région, les conditions peuvent énormément changer entre deux pays voisins.

Si vous partez seul ou non, les questions auxquelles réfléchir ont trait aux raisons de votre départ : Besoin de donner un coup de pouce à votre carrière ? Avantages financiers ? Étoffer vos compétences ? La recherche de plus de responsabilités et d’autonomie ? Il est nécessaire de trouver la raison exacte qui vous pousse à vous expatrier afin de réussir au mieux cette transition dans votre vie.

La phase de préparation : En préparant une expatriation en Afrique, plus encore qu’ailleurs, l’assistance de l’entreprise qui vous embauche ainsi que vos recherches personnelles vous seront cruciales. Aujourd’hui, les voyages de découverte/initiation avant embauche sont de plus en plus rares. Il faut se faire une idée par soi-même de l’endroit qui vous attend.

La plupart des multinationales présentes sur le continent offrent des services de « relocation » à leurs employés, soit par eux-mêmes soit à travers un prestataire spécialisé. D’autres orientent les salariés vers des réseaux d’expatriés présents localement, disponibles en ligne très souvent. N’hésitez pas à vous orienter vers vos managers, votre service RH ou vos futurs collègues pour plus d’informations. Un travail personnel est également nécessaire. Votre curiosité et votre propre recherche d’informations vous permettrons de visualiser et d’anticiper vos futurs conditions sur place.

Une fois sur le terrain, la phase d’adaptation peut déterminer le succès ou non, au niveau professionnel comme personnel, de votre installation. Si vous êtes en Afrique francophone, la barrière de la langue est inexistante mais il n’en demeure pas moins qu’il faudra vous adapter aux us et coutumes afin de vous plonger dans la culture du pays. Les expatriés déjà présents sur place peuvent être un premier point de contact avec la vie locale mais attention, n’attendez pas d’eux de vous donner tous les moyens de vous immerger dans votre pays d’accueil.

Sur le plan professionnel, le monde du travail africain est connu pour sa spécificité. Cependant, beaucoup en parlent en bien après y avoir travaillé. Les relations de confiance au sein d’une équipe africaine sont encore plus importantes qu’ailleurs, et il faut savoir tisser des liens de respect mutuel afin d’obtenir des résultats de toute l’équipe. L’exemplarité, le professionnalisme, l’auto-discipline et la rigueur sont des qualités primordiales pour se faire accepter et reconnaitre sur la durée.

Encore une fois, si vous êtes parti en famille, il est nécessaire de vous assurer du bien-être de tous les membres de votre famille. Si votre conjoint(e) ne travaille pas, assurez-vous qu’il ou elle peut participer à la communauté, s’intégrer dans la vie locale et se développer personnellement. Si vous avez des enfants, faites en sorte qu’ils sont en contact avec l’extérieur autrement qu’à travers l’école.

La phase de retour : Dans la majorité des cas, même une expatriation couronnée de réussite doit se terminer. Il est primordial de bien préparer son évolution au niveau professionnel mais aussi social. La règle d’or reste l’anticipation : Le choc culturel « inversé », la réinsertion professionnelle et scolaire, toutes ces questions doivent être abordées en amont. Si votre entreprise vous soutient dans votre démarche de retour, prenez contact avec des responsables basés dans votre pays d’origine pour faciliter votre arrivée. Tout au long de votre expatriation, entretenez votre réseau en interne, c’est un investissement qui vous sera extrêmement utile. Quelle que soit la raison de votre retour, considérez ce dernier comme un second départ, et mûrissez votre décision aussi sérieusement et aussi longtemps que vous l’avez fait à l’aller. Ne minimisez pas la difficulté du retour.

L’expatriation est un challenge professionnel et personnel inoubliable et un moyen de se donner un nouveau départ à plusieurs points de vue. Il est cependant facile de se retrouver après plusieurs années dans une situation pire que celle de départ. Afin de réussir son expatriation, réflexion, préparation et adaptation sont indispensables.

Patrice Kombot-Naguemon – Deputy Managing Director – Morgan Philips Middle East & Africa

Email to someoneTweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedIn
  • Patrice qui a souvent été expatrié connait parfaitement le sujet.
    Ayant été expatrié sur 4 continents, une constante reste identique. La joie de l’expatriation où on découvre tant de choses nouvelles et enrichissantes et qui est facteur d’épanouissement ne doit pas faire oublier que la difficulté dans l’expatriation n’est pas le départ mais le retour (si retour il y a).
    Une règle: Ne pas couper totalement avec le pays d’où on vient, invitez vos proches à vous rendre visite, et rentrez au moins une fois par an pour Noël histoire d’être content de repartir .
    Dès les premières minutes à CDG, on regrette déjà de ne plus être expatrié… Ceux qui ont été expatriés comprendront…

Laisser un commentaire

Votre adresse ne sera pas publiée.

 
Laisser un commentaire