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Les recruteurs (et souvent les directeurs généraux) apprécient de demander aux candidats à l’issue de l’entretien une synthèse écrite de leur compréhension du poste convoité, de ses enjeux et enfin de leurs atouts pour être à la hauteur de ces derniers.

Les retours sont souvent de très bon niveau. Certains prennent parfois l’exercice un peu à la légère, tandis que d’autres révèlent tout leur talent à cette occasion.

Pourtant, nous avons eu la surprise ces derniers jours de recevoir par deux fois des écrits totalement ratés. C’est un évènement rare, mettant un terme brutal au processus en cours.

Les textes étaient longs, le vocabulaire complexe, la syntaxe très travaillée… d’où venait donc le problème ? Et nous avons soudain compris : ce que nous lisions n’avait aucun sens ; du charabia au service du vide.

Nous avons tous eu cette sensation un jour, souvent à l’occasion d’un discours ou d’une interminable présentation en réunion, d’être confronté à une absence de fond masquée par une profusion de forme. Dans ces moments là, pour passer le temps, nous vous invitons à rêver à Ludwig Wittgenstein (Vienne 1889 – Cambridge 1951).

Cet étrange personnage, après avoir fait don d’une bonne part de sa fabuleuse fortune, rejoignit Bertrand Russel à Cambridge. Puis il s’isola pendant plus d’un an en Norvège, au bord du Sognefjord. C’est là qu’il commença à rédiger ce qui deviendra en 1921 son œuvre majeure, dont l’influence reste forte aujourd’hui, le Tractatus Logico-Philosophicus. 

Wittgenstein résumera son ouvrage par une simple formule d’avant-propos : « on pourra résumer en quelque sorte tout le sens du livre en ces termes : tout ce qui peut être dit peut être dit clairement, et sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence ». 

Ce que nous pouvons réduire à un aphorisme encore plus concis : si vous n’avez rien à dire, ne dites rien !

 

C’est applicable à la défense d’un projet, à la définition d’une vision, à la transmission d’une instruction, à la construction d’un argumentaire de vente, ou tout simplement au résumé de votre pensée. Les mots complexes vous tentent ? Les phrases à multiples entrées vous démangent ? Vous vous perdez en digressions ?

Arrêtez-tout et fuyez !  Vous êtes en train de saboter votre travail. Revenez à votre idée, élaguez, coupez, simplifiez.

Ce qui reste est ce qui doit être entendu, et c’est bien là votre objectif. 

Nous invitons d’ailleurs le lecteur curieux et taquin à se plonger dans la lecture particulièrement hermétique du Tractatus, pour en tirer une conclusion qui peut être émise clairement : les cordonniers sont les plus mal chaussés…

 

Raphaël ReclusDirecteur Général de la practice Engineering & Manufacturing Morgan Philips Executive Search @RaphRec

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