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FAIRE CARRIÈRE AU ROYAUME-UNI

Le UK, une terre d’accueil pour les hauts potentiels

Les services financiers sont un élément essentiel de l’activité économique à Londres et avec eux toutes les activités liées de conseil de tous types, avocats, conseil financier, audit… La finance est le poumon de Londres et Londres est celui de l’Angleterre. Elle emploie entre 250 000 et 360 000 personnes historiquement et a priori aux alentours de 265 000 personnes en 2015. Si les incertitudes liées à la position de la Grande-Bretagne dans l’UE et vis-à-vis de l’euro laissent parfois quelques espoirs à d’autres places financières plus modestes comme Paris, Francfort ou Luxembourg, la City demeure numéro 1 par son attractivité inégalée pour l’heure.

 

Des conditions de travail et « living standards » en demi-teinte

La vie à Londres est dynamique, pleine de « possibles », entrepreneuriale, positive…Les conditions de travail sont compétitives pour l’employeur (faibles charges sociales de l’ordre de 12 %). Les assurances santé, la retraite sont de la responsabilité du salarié. Le chômage est un mot doté d’une signification différente de la France ou de l’Europe Continentale. Il est mal « rémunéré » et se doit d’être de courte durée. Il est aussi très contrôlé. Les impôts sont prélevés à la source. Vous commencez à payer l’IRPP à compter de 22 000 £ de salaire annuel car vous bénéficiez d’un abattement (« personal allowance ») de 10 000 £ en-dessous. En bref, le système fonctionne sur trois tranches : 20 % jusqu’à environ 32 000 £, 40 %entre 32 000 £ et 150 000 £ et 45 % au-delà de 150 000 £. Il n’y a pas de quotient familial. Pour les « non dom », c’est-à-dire les professionnels non ordinairement considérés comme contribuables et domiciliés au Royaume-Uni, un système de remboursement d’impôts à hauteur des jours passés à l’extérieur du Royaume-Uni rend le système un peu plus compétitif.

 

“ Il faut idéalement veiller, surtout lorsqu’on est en poste, à se faire référencer par des cabinets d’executive search. ”

Mais pour ne pas centrer le débat sur des aspects de comparatifs fiscaux, le Royaume-Uni est surtout un marché riche en opportunités internationales. C’est aussi un cadre de vie au coût élevé, où tout se paie cher. L’immobilier est hors de portée des salariés modestes ou intermédiaires en particulier dans Londres et même au-delà. L’opportunité Londres et « sa rentabilité » financière pour un(e) professionnelle dépendra de la fourchette de rémunération, de la situation familiale de l’individu, des accompagnements éventuels proposés par l’entreprise (« accomodation allowance », « school allowance » et autres aides, prise en charge des frais de logement, d’éducation des enfants, déplacements). On ne peut se résumer à considérer une opportunité à Londres uniquement via ce biais et il faut clairement considérer le passage par Londres comme un point important d’une carrière, un passage quasi obligé qui va simplement sans dire dans certains métiers.

 

Le fameux « talent crunch »

Le Royaume-Uni est consommateur de talents internationaux, d’ingénieurs, de profils techniques français, indiens, pakistanais, allemands, d’ ex européens de l’Est qui viennent compléter leur solide formation de base par un diplôme anglais afin d’ « anglo-saxoniser » leur profil, leur savoir- être, leur capacité d’intégration et donc leur employabilité professionnelle. Le Royaume-Uni accueille de grandes « institutions » universitaires telles que la London School of Economics, King’s College, Exeter, Bristol , Imperial College, Oxford, Cambridge et de nombreuses autres mais les formations ne produisent qu’un nombre limité de profils techniques ou simplement prêts à l’emploi ; l’entreprise et notamment les cabinets d’audit et de conseil viennent souvent compléter la formation universitaire fonctionnant comme un véritable 4ème cycle professionnalisant achevant sur le tas de préparer le(la) diplômé(e) à ses futures responsabilités dans l’entreprise. Cela ouvre le sujet de la formation, centrale dans les entreprises en Angleterre. Elle permet le recrutement de profils parfois plus atypiques, plus latéraux par l’entreprise car elle vient de toutes façons « formater » des profils de tous types afin les intégrer idéalement sans briser ce qui fait leur différenciation originelle.

 

L’univers du recrutement au UK

Le marché anglais est l’un des principaux marchés au monde pour les cabinets de recrutement et d’executive search après les Etats-Unis bien entendu. La plupart des cabinets étaient à l’origine américains ou anglais ou d’inspiration anglo-saxonne. Ils étaient les premiers et ont fixé les règles de ce marché. Ils sont plus de 1000 au Royaume-Uni, certains employant plus de 100 à 150 personnes et d’autres plus modestes parfois même dans une forme de société unipersonnelle. Pour un candidat au départ, bien entendu bilingue professionnellement, il paraît opportun de se faire connaître, voire « référencer » auprès d’une sélection de ces cabinets afin de prendre place dans leur vivier après un envoi de CV, une rencontre exploratoire, un contact. Certains cabinets n’hésiteront pas à « marketer » votre dossier auprès d’entreprises clientes ou pas et c’est là parfois le problème. Il faut idéalement veiller, surtout lorsqu’on est en poste, à se faire référencer par des cabinets d’executive search et non de recrutement qui en Angleterre ont cette réputation d’adresser des CV à succès chez leurs clients ou prospects entreprises sans être mandatés par l’entreprise et parfois sans prévenir l’intéressé(e). C’est important surtout si vous êtes en poste. Cela peut avoir cependant son utilité, si c’est bien fait, et cela peut-être très efficace. Un(e) candidat(e) bien marketé(e) par un bon intermédiaire compétent, fonctionnant en véritable agent du candidat et fin connaisseur et donc « intime » conseil de l’entreprise, peut bénéficier d’un service extrêmement efficace. C’est l’« outplacement » avec le job suivant en plus.

 

L’importance des références

Mais les références professionnelles sont alors la clé des recrutements. Il faut pouvoir citer en références des relations professionnelles de collègues, de dirigeants, de clients permettant à l’intermédiaire, au consultant de réaliser une sorte de « 360° » pour le compte de son client, un « smell test », qui donnera les clés, les « pros & cons » d’une candidature. L’intermédiaire fera également œuvre utile pour trouver le meilleur « deal » financier pour les parties agissant en conseil des deux pour éclairer les débats en « benchmarkant » le poste comme les attentes du candidat par rapport à sa concurrence et aux possibilités de l’entreprise. La prestation du consultant est alors organisée selon les règles du marché standardisées par l’entreprise qui recrute, même si aujourd’hui, suivant l’exemple des agents de certains grands sportifs du football, du basket, du hockey, du golf, du tennis, etc. des consultants d’un nouveau type se font rémunérer par le candidat. C’est le cas lorsqu’il s’agit d’un dirigeant CEO, CIO,COO,…qui délègue alors la gestion de sa carrière ou la recherche de mandats d’administrateurs à un tiers. Les pays anglo-saxons sont plus ouverts à ces pratiques que les pays d’Europe continentale. Un seul conseil : se rendre sur place pour faire son réseau et rencontrer des cabinets pour se préparer à bouger si vos compétences sont transférables bien sûr.

 

LE MARCHÉ ANGLAIS : UNE OPPORTUNITÉ À BIEN GÉRER

La ruée vers Londres est un phénomène bien ancré dans les flux migratoires des populations professionnelles européennes. Elle revêt de nombreux aspects bien différents. En effet, il y a peu de choses en commun entre le ou la jeune professionnelle qui vient chercher un « job » dans la restauration à Londres auprès de très nombreuses enseignes, franchises, qui font le bonheur des Anglais et des expatriés en fin d’après-midi, et les profils financiers qui affluent dans la City pour obtenir un passeport pour une carrière internationale en trading, en M&A, en asset Management ou autre spécialité financière. A voir si le résultat du futur référendum sur l’Euro changera cette donne.

 

Jean François Monteil, Managing Director Morgan Philips Executive Search Banking, City & Fintech

jfmonteil@morganphilips.com 

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