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Rencontre avec Arnaud Burgot, ex DAF d’Ulule et actuel Directeur Général

Arnaud Burgot ex DAF d’Ulule et actuel CEO

 

La guerre des talents est un enjeu central dans les startups. Chez Morgan Philips Executive Search, nous portons une attention toute particulière à comprendre les secteurs, les métiers et les besoins des nouvelles entreprises avec lesquelles nous travaillons. Dans une entreprise en plein développement, où tout est à construire, la personnalité fait la différence ! J’ai souhaité vous faire part de l’expérience d’Arnaud Burgot, Directeur Général de Ulule, aujourd’hui le premier site européen de crowd funding et récemment élue 9e Fin Tech française (classement FrenchWeb500).

Recruté au poste de Directeur Administratif et Financier en 2011, Arnaud travaillait auparavant dans un BIG 4. Retour sur un parcours audacieux et couronné de succès, qui prouve qu’en plus des compétences, il est essentiel de bien se connaître soi-même !

 

 

  • Arnaud, je vous laisse vous présenter.

Au lycée déjà, je souhaitais m’orienter vers une formation financière et juridique. Des entrepreneurs m’avaient expliqué que ces fonctions étaient au cœur de la création d’entreprise et que se lancer sans ce background, c’était comme « faire de la formule 1 sans rien connaître à la mécanique ». J’ai ainsi décidé d’étudier dans une école de commerce. J’ai entamé ma vie professionnelle chez PwC. Mais au bout de quatre ans, j’ai eu le sentiment d’avoir fait le tour du métier d’auditeur. Le milieu de l’entreprenariat m’attirait. En 2011, j’ai passé un nouveau diplôme d’expert-comptable et j’ai été embauché par Ulule au poste de DAF. Aujourd’hui, j’ai 32 ans et je suis Directeur Général d’Ulule. Le parcours DAF – DG est assez peu commun, mais cela s’explique par la polyvalence nécessaire lors de la création d’une entreprise. Je me suis aussi beaucoup impliqué dans la partie business development et ça a payé !

  • La question que tout le monde se pose : pourquoi passer d’un grand groupe, qui rémunère bien et où vous deviez avoir beaucoup d’avantages, à une startup ?

J’avais envie de sortir des métiers du conseil et de l’audit, dans lesquels on reste malgré tout une fonction support. Je désirais m’impliquer dans la production effective de valeur, créer quelque chose. Les boîtes bien établies ont un gros défaut : les chaînes décisionnelles sont longues et très verrouillées. Je n’avais pas l’impression d’avoir beaucoup de poids alors que j’étais prêt à m’investir à 200% à condition de pouvoir « mettre ma pierre à l’édifice ».

  • Et pas d’appréhension dans tout cela ?

On m’a beaucoup parlé de « prise de risque », de « grand saut » … Mais personnellement, je ne redoutais pas le changement. D’une part, j’ai bien choisi mon moment. A cinq ans près, il m’aurait sans doute été bien plus difficile d’abandonner les avantages d’un grand groupe. Les barrières psychologiques et le carcan social m’auraient peut-être rendu le choix moins évident. Il se trouve qu’au moment où j’ai décidé de partir, je n’avais pas construit de famille, je n’avais pas d’emprunt à rembourser… En somme, j’étais très libre. D’autre part, en ayant fait une école de commerce et avec en plus un diplôme d’expert-comptable en poche, mon employabilité était assurée. Ce que je percevais comme le véritable danger n’était donc pas tant le risque d’être au chômage si la startup ne marchait pas, mais plutôt de me retourner sur mon parcours professionnel en fin de course et de m’être ennuyé. Finalement, le changement m’a semblé moins effrayant que la lassitude !

  • Parlons de votre métier. Le poste de DAF vous a davantage plu que celui d’auditeur ?

En audit, j’ai revu des comptes pendant cinq ans, sans jamais saisir une écriture dans un logiciel de comptabilité. Sans prétendre que cela constitue la partie la plus palpitante du métier de DAF, la phase d’apprentissage de tâches opérationnelles a eu le mérite de me permettre de comprendre les rouages de tous les métiers qui composent une équipe. J’ai ensuite pu réfléchir à l’optimisation des pratiques et enfin, à l’analyse des résultats. Je voulais créer, j’ai créé ! A présent, quand je gère une équipe, je suis en mesure de former chaque membre puisque j’ai occupé sa place avant. Je comprends aussi les difficultés qu’ils peuvent rencontrer et nous discutons des blocages éventuels, afin de progresser et de faire avancer Ulule. Le plus gratifiant a été de recruter de nouveaux collaborateurs. Les recrutements sont en quelques sorte le fruit de notre travail (acharné !), la preuve qu’on a fait grandir l’entreprise !

Dernière question : quid du salaire ?

Je ne vais pas vous mentir, le salaire dans une startup est moins alléchant que celui d’un cabinet d’audit. La fourchette large pour un poste de DAF se situe entre 50 et 90 k€ annuels, en fonction de l’expérience. Entre cinq et huit ans d’expérience, on peut prétendre jusqu’à 70k€, et entre huit et quinze ans le salaire annuel peut monter jusqu’à 95k€. Comme vous l’avez certainement compris, je ressentais le besoin de relever des défis. Le goût du challenge primait sur l’appât du gain. Tant qu’on se connait et qu’on sait ce qu’on veut, la chance nous sourit !

Louis Espinassou, Directeur Général Adjoint chez Morgan Philips Executive Search France

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